Le nombre de cabines d'équipage a dicté la longueur de Drumbeat. Commandée en 1999 à Dubois Naval Architects, elle a été construite en Nouvelle-Zélande par Alloy Yachts.
Une longueur dictée par les cabines d'équipage
Le projet débute en 1999 avec une longueur prévue d'environ 44 mètres. Il passe à 50 mètres pour tout loger, puis gagne trois mètres pour les quartiers de l'équipage, le lazarette et le coqueron. Ed Dubois l'écrit dans son dossier de conception : c'est le nombre de cabines d'équipage qui a dicté la longueur.
Le cahier des charges en demande six, chacune avec sa salle d'eau et pouvant loger deux personnes. L'équipage habituel compte neuf membres. Le cahier des charges prévoit aussi un carré spacieux. La cinquième cabine est livrée en salle de sport. Elle peut être convertie en cabine.
Le cabinet la présente alors comme son projet de voilier le plus ambitieux et le plus grand voilier qu'il ait dessiné. Alloy Yachts remporte l'appel d'offres la même année. Pendant la construction, le chantier de Henderson, près d'Auckland, compte 240 personnes. Selon le carnet de construction, presque toutes naviguent.
Tout sur un seul niveau
Le poste de barre est placé sur le flybridge. Cockpit, salon, espace repas et navigation se retrouvent ainsi sur un seul niveau. Ed Dubois juge ce plan unique à l'époque et estime qu'il exige au moins 37 mètres.
Le choix du ketch intervient tôt dans le projet. Il permet de porter une voile d'étai d'artimon et beaucoup de toile aux allures portantes. Le vaste pont avant permet de garder à bord les gennakers et les voiles d'artimon. Marten Spars réalise les mâts en carbone et les bômes à enrouleur. Le carbone est choisi pour sa résistance et sa légèreté. Il aide à garder un centre de gravité bas lorsque la voilure est réduite.
Le bassin de Warsash et la soufflerie d'Auckland
La carène passe au bassin de Warsash, rattaché à l'université de Southampton. Plusieurs configurations de quille y sont étudiées pour préserver la stabilité tout en permettant l'accès à la plupart des ports qui reçoivent des yachts de 50 mètres.
Le plan de voilure est étudié à Auckland. Une maquette au 1:31 est testée dans la soufflerie de l'université d'Auckland, mise en service en 1994 avec Team New Zealand et North Sails NZ pour préparer la Coupe de l'America 1995. Burns Fallow, responsable de North Sails NZ et voilier de Team New Zealand, mène l'étude. Celle-ci montre que la voile d'étai d'artimon augmente les forces totales d'environ 20 %.
Une maquette à taille réelle
Chez Alloy, une maquette à taille réelle sert à mettre au point le cockpit, le flybridge, le salon et les cabines. La cuisine est elle aussi reproduite à taille réelle, pour convenir au chef.
Le chantier dessine et fabrique treize winchs captifs sur mesure. Le carnet de construction compte 100 kilomètres de câblage à bord. La quille à bulbe contient 91 tonnes de plomb. Selon le magazine Yachting, la construction représente environ 400 000 heures de travail.
Le plus grand yacht de plaisance construit en Nouvelle-Zélande
Elle est lancée à Henderson à la fin de 2001 sous le nom de Salperton, puis livrée au début de 2002. Elle est alors le plus grand yacht de plaisance jamais construit en Nouvelle-Zélande. Avec elle, Alloy Yachts franchit pour la première fois la barre des 50 mètres.
Le 2 octobre 2002, la Poste néo-zélandaise émet un timbre de 2 dollars représentant Salperton, dans sa série Leading the Waves.
Au printemps 2005, elle navigue sous le nom de Drumbeat. C'est sous ce nom qu'elle s'inscrit à la Rolex Transatlantic Challenge.